Chose promise
dans le post
précédent, chose due, je poste les images d'une petite journée passée avec
Eiko à Nikko,
fin novembre.
Je n'avais pas eu le temps de poster les images plus tôt que cela, à cause d'un emploi du temps chargé au bureau. Dans le fond, ça m'arrange, puisque cela me permet d'alimenter ce blog aujourd'hui, malgré le manque de nouvelles ces derniers temps.
Nikko, facilement atteignable depuis Tokyo après deux
petites heures de train en partant de Asakusa, est une destination immanquable.
Un vieux dicton japonais dit d'ailleurs à propos de Nikko: "Never say great
without seeing Nikko". Désignés héritage culturel de l'UNESCO depuis 1999,
les temples de Nikko se distinguent de ceux que l'on a l'habitude de voir à
Kyoto, par l'abondance
de détails sur les décorations qui tranche avec la sobriété des temples
shintoïstes japonais. Le Toshogu (東照宮), le plus célèbre des temples à
Nikko abrite plusieurs bâtiments bouddhistes, ornés de magnifiques dragons
sur leur façade.
Parmi les ornements célèbres, on comptera les trois singes illustrant le "See No Evil Hear No Evil Speak No Evil", ou aussi le Nemuri Neko (眠り猫), le chat dormant, qui est censé représenter la paix dans le monde, puisque le chat continue de dormir malgré la présence de statues d'oiseaux juste à côté.
Un peu plus haut dans la montagne, on arrive à la Cascade
Kegon (華厳滝), haute de 97 mètres, très impressionnante, même s'il faut
savoir faire preuve d'un courage certain pour aller l'admirer, depuis la
plateforme où le vent glacé vous pénètre le corps!
Pour se réchauffer, rien ne vaut un bon bol de Udon, une soupe de nouilles à base de riz, avec un morceau de Yuba, des lamelles faites à partir des films formés pendant la préparation du tofu, une spécialité de Nikko.
Malgré le froid qui y régnait, ce petit voyage d'une journée à Nikko a été
plus qu'appréciable, histoire de se donner un petit bol d'air en sortant de
Tokyo. La meilleure période pour s'y rendre reste fin Octobre, pour apprécier
des feuilles rouges, ou même un peu plus tard en hiver, quand la neige aura
recouvert tout Nikko d'un blanc éclatant, pour ceux qui n'ont pas peur du
froid.
Pour le
troisième volet de ce triptyque, nous nous sommes rendus à Sanzen-in (三千院),
au nord de Kyoto, dans la matinée, mais déjà, le temple grouillait de monde.
Il semble en effet que cet héritage culturel désigné par l'UNESCO soit un
passage de choix pour les cars de touristes, particulièrement nombreux alors
que l'on approchait du weekend.
Ce n'est pas grave, nous prenons notre temps et essayons de profiter d'un
peu de calme entre deux arrivées de bus. La journée précédente ayant été
épuisante, nous avions décidé de passer plus de temps dans le temple et de
limiter les transports en bus. Ce n'est d'ailleurs pas une mauvaise idée, car
cela nous permet de découvrir les petits détails du temple, comme cet endroit
bien particulier, d'où l'on peut apercevoir le reflet
des momijis, ou comme ces bols
de thé, délaissés après le passage de quelques japonaises venues apprécier
le calme du jardin.
En continuant notre
exploration du temple, impossible de manquer les diverses statuettes
disséminées ci
et là dans le temple.
Le reste de la journée sera passé tranquillement autour de la gare de Kyoto, à acheter les essentiels omiyage pour Eiko et pour les collègues de bureau. On en profite pour prendre des photos souvenir d'écolières japonaises, dans leur uniforme de la marine, elles-mêmes ravies que des "gaijins" viennent à leur encontre: dans la liste de leur devoirs, elles étaient chargées de poser quelques questions à des étrangers pour pratiquer leur anglais!
Ce voyage
aura vraiment été grandiose, un excellent break du bureau pour se demander
pourquoi tout le monde ne se retrouve pas dans un temple pour admirer la nature
exercer sa magie :-).
C'est décidé, nous allons essayer de voyager davantage au Japon avec Eiko, pour découvrir tous ces petits endroits que l'on ne pense voir que dans les livres. Après plus de six ans passés au Japon, il est temps que rattrape le temps perdu!
Pour le deuxième
jour à Kyoto, encore plus motivés que la veille, nous nous sommes levés à 4:30am
pour aller visiter le fameux Kiyomizudera (清水寺), un des rares temples ouverts
dès 6am. Surprise, notre motivation semble être encore plus forte que celle des
Japonais, pourtant légendaire, puisque nous sommes seuls à attendre le bus en
grelottant à 5:30am à la station de Kyoto. Battre des Japonais sur une visite
d'un des temples les plus visités est une prouesse dont on restera fiers, même
si elle nous a tout de même coûté quelques précieuses heures de sommeil...
Arrivés
comme prévu peu avant 6am, une petite attente avant l'ouverture officielle du
temple me permet de prendre une photo
au lever du soleil, ou même sous la lune,
pleine ce jour-là. Il est cependant encore un peu tôt pour bien voir le
temple, peut-être est-ce la raison pour laquelle les Japonais, plus sages,
préfèrent venir plus tard et profiter pleinement de la lumière du jour
éclairant le temple...
On devine cependant que les momijis sont timides sur la vue lointaine du temple. Le pic sera certainement la semaine prochaine, mais on se console en ayant le plaisir de se promener dans le temple encore désert et de prendre le temps d'apprécier les détails, comme celui de ces momijis qui se faufilent parmi d'autres arbres, comme une rivière de couleur.
Prochaine étape,
Eikando (永観堂), réputé pour être un des plus beaux endroits au Japon pour
admirer les momijis, c'est du moins ce qui était marqué sur la brochure
récupérée au Kyotokan quelques jours
auparavant (chacun des sites est d'ailleurs marqué comme "un des plus beaux
endroits pour voir les feuilles rouges", le choix a été difficile!). Le
temple n'ouvrant qu'à 9am, nous avons pris le temps de nous promener dans Sannenzaka
(三年坂), le quartier resté traditionnel dans Kyoto ou de passer par les
environs de Nanzenji
(南禅寺), pour bien nous allécher quant à la beauté du Eikando...
Arrivés sur place, nous sommes tout de suite subjugués par la vivacité
des couleurs, l'arrangement du temple et de son jardin, avec son lac
intérieur, son arrangement de cailloux
finement ratissés, même les feuilles
qui flottent sur le bassin intérieur semblent s'être accordée pour mener une
danse.
Après s'être abreuvés de couleurs, nous avons réservé l'après-midi à la visite du jardin du Tenryuji (天竜寺), marqué comme étant un des plus avancés dans l'évolution des momijis par le petit rapport que l'on nous a donné à la réception de l'hôtel. Le quartier étant excessivement populaire et presque commercial, c'est sans peine que nous trouvons un petit restaurant de soba qui a vue sur Arashiyama (嵐山), et sur les tireurs de charettes qui proposent aux tourises de les accompagner pour une visite des temples aux alentours.
Là encore, quand on pensait que l'on avait tout vu, c'est
encore avec émerveillement que nous découvrons un jardin d'une densité
de feuilles rouges si surprenante que l'on ne sait plus où donner de la
tête.
Sur la route du Jojakkoji (常寂光寺), on ne manque pas de passer par la forêt de bambous, toujours impressionnante. Le Jojakkoji terminera une journée fructueuse, aussi bien qu'épuisante. La visite du temple est apaisante par l'aménagement de son jardin, et par la simplicité majestueuse des arbres à l'intérieur.
Finalement de retour à l'hôtel, je téléphone à Eiko pour lui
faire part de la magie qui nous a bercés toute la journée, mais aussi pour lui
dire que je vais me coucher, il est à peine 8:30pm. Ça la fait rire. Pilou et
moi, on est épuisés mais satisfaits de notre longue journée avec lever aux
aurores. Un plan de mecs, comme on dirait ;-).
Me voilà finalement de retour de
ce fameux voyage tant attendu à Kyoto,
les 16-17-18 Novembre. Parti en compagnie de Pilou,
un collègue passionné de Japon, nous sommes revenus avec les yeux pleins de
rouge flamboyant, de jaune abondant et de vert, encore timide, car c'était
évidemment la saison des momiji (紅葉), un moment très attendu par beaucoup de
Japonais, à raison.
Cette année, les
érables auront été légèrement en retard par rapport aux années précédentes,
comme quoi, on a beau être japonais, quand on a autant d'admirateurs, on peut
se payer le luxe de se faire un peu attendre. Du coup, même pendant la
période de la deuxième moitié de Novembre, d'habitude idéale pour voir une
explosion de couleurs, il a fallu minutieusement sélectioner les temples à
visiter pour apaiser notre soif de rouge ;-).
Sous les conseils avisés du personnel de l'hôtel, nous nous sommes donc
dirigés vers la montagne, là où les feuilles auront été exposées au subtil
mélange de froid et de soleil requis pour faire tourner au rouge les érables.
Le voyage commence donc à Jingoji
(神護寺), dans la région de Takao (高雄). Dès la sortie du bus, on devine
que le trajet de plus d'une heure pour se rendre en montagne en valait la
peine. La dernière portion du trajet vers le temple se fait à pied dans les
escaliers, ce qui permet de s'arrêter prendre une tasse de thé en contemplant
les feuilles rouges autour de cette petite place,
comme le fait ce prêtre.
Dans le temple aussi, les allées du temples sont
bordées de rouge,
et même la fine pluie qui nous a surpris pendant notre visite n'a pas suffi à
des dizaines de Japonais à s'émerveiller comme nous et à lancer des "kirei!
kirei!" toutes les trois minutes. C'est néanmoins juste à l'extérieur de
Jingoji que j'ai trouvé le paysage le plus impressionnant. Au milieu des
autres arbres, des momijis se sont glissés pour s'exprimer de jaune
et de rouge
Nous finissons cette matinée par une visite du Kozanji (高山寺), légèrement décevant après le Jingoji, mis à part cet arbre orange qui captait la lumière du soleil de manière hypnotique.
Dans l'après-midi, nous faisons un passage obligé au Kinkakuji
(金閣寺), le célèbre pavillon d'or, qui lui aussi commençait à montrer ses
momijis, soit devant
le temple-même, soit dans le jardin,
à l'arrière.
Finalement, la journée s'achève par
un repas de cuisine traditionnelle de Kyoto dans Gion, le quartier de
divertissement de Kyoto, où l'on peut parfois croiser des geishas affairées le
soir. Ce ne sera pas notre cas, les rues étaient pratiquement désertes ce
jour-là, un jour de semaine certainement...
Compte tenu du nombre d'images à traiter (et de la longeur déjà excessive de ce message!), j'ai divisé la galerie en trois parties, qui correspondent aux trois jours de ce petit voyage. Les messages pour annoncer la disponibilité des photos pour les deuxième et troisième jours suivront bientôt!
C'est avec un peu d'anxiété que je suis sorti hier avec mon grand angle
16-35mm greffé à mon 5D, ne sachant pas s'il passerait le test fatidique des
bords "mous". Non pas que je sois excessivement maniaque sur la précision de
l'autofocus, du vignetage ou autres, comme certaines personnes des de forums de
DPReview, mais je me demandais tout de
même si l'objectif était exploitable, surtout vu l'utilisation que je compte en
faire à Kyoto la semaine prochaine...
À mon grand réconfort, tous les
petits défauts décriés sur l'Internet sont plutôt marginaux, compte tenu de la
qualité de l'image. Mon 16-35 m'a vraiment surpris par la netteté de ses
images, une chose que je n'avais pas remarqué à ce point avec mon 10D
alors.
Il me tarde vraiment de partir pour Kyoto... Non seulement, Kyoto est probablement un des endroits les plus incroyables à visiter au Japon tant c'est magnifique, mais cela va aussi me permettre de prendre un petit break du bureau, où le rythme a été infernal depuis trois mois. Le faible nombre de mises à jour de ce site en est la conséquence directe et les semaines sont longues lorsque l'on n'a pas pris de vacances depuis Février!
L'automne se fait de
plus en plus sentir, et les feuilles brûnissantes dans Tokyo ne font
qu'aiguiser mon impatience à partir pour Kyoto dans deux semaines avec un ami
venu découvrir le Japon. J'espère que les koyo (紅葉), les fameuses feuilles
rouges, seront de sortie pour l'occasion. Je frétille rien qu'à l'idée de
retourner à Kyoto exactement 4 ans après mon dernier passage.
À l'époque, j'y étais allé avec mon premier DSLR, un fidèle Canon EOS D30, que je ne savais pas encore maîtriser: j'avais pris toutes mes photos en format JPG, ce qui avait rendu des couleurs bleutées difficiles à rattraper par la suite... Cette fois, j'espère que je pourrai utiliser mon nouveau 5D, comment ne pas rêver de meilleur endroit pour se faire plaisir avec un appareil photo?
D'ailleurs, quelque chose me dit que nous ne serons pas seuls: les hôtels étaient presque tous complets lorsque j'ai réservé le nôtre (impossible d'obtenir une chambre dans un ryokan). D'ailleurs, pour deux nuits, on ne pourra pas faire autrement que les passer dans deux hôtels différents. Même histoire pour le train: il faudra se lever de bonne heure pour trouver une place assise, car je n'ai pas pu réserver de siège dans l'espace non fumeur. Il restait bien une place dans le compartiment fumeur, mais après 3h30 de voyage dans le brouillard à s'empoisonner les poumons, il m'aurait fallu passer une journée à récupérer!
En attendant ce petit voyage, je surveille de près les sites Internet qui font rapport de l'état des feuilles rouges au Japon, en particulier ceux de goo ou de walker plus, ce dernier présentant l'avantage de montrer des photos des différents endroits. Plus spécialisé sur Kyoto, ce site se présente comme un weblog, avec des photos de Kyoto prises pratiquement tous les jours.
Pour terminer, je vais partir bien équipé, avec mes objectifs habituels 50mm, 100mm, 16-35mm, mais aussi ma dernière acquisition, le dernier Canon 70-300mm, une focale qui me manquait dans quelques situations et qui pourra être utile pour prendre des photos d'arbres et de nature, même si cela me demande d'apprendre une toute autre manière de prendre des photos. La photo ci-dessus a d'ailleurs été prise avec cet objectif.
Après une semaine relativement agréable, d'un point de vue climatique, ce
samedi aura encore été pluvieux à Tokyo, du moins pour ce que j'en ai vu
aujourd'hui: j'étais scotché au bureau (il en a fallu des mètres et des mètres,
quel gâchis...) pendant la pluplart du temps où le temps était encore
clément...
Tant pis, j'avais trop envie d'utiliser mon appareil photo, alors j'ai pris mon courage à deux mains, et mon attirail de l'autre, et j'ai fait une petite balade sous la pluie, pour trouver ce joli magasin en bois, à la fenêtre rouge, qui ressortait bien sous la pluie.
Je ne le répèterai jamais assez: je suis sérieusement tombé amoureux de mon petit Canon EOS 5D. Même avec une exposition de plus de 20 secondes, l'image qui est sortie était sans aucune trace de bruit numérique et d'une netteté à se rouler par terre...
Ceci dit, j'espère tout de même que le temps va s'améliorer, parce que ça commence à en devenir frustrant!
Il semble que le Japon soit passé dans son mode "automne",
de la même manière que l'image que l'on a des Japonais à faire les choses:
rapidement et formellement. Depuis une bonne semaine donc, les températures
ont brutalement chuté, les feuilles commencent à brûnir, bref, tout le monde y
met de la bonne volonté pour respecter ce changement de saison.
Tous? Pas vraiment. Une poignée d'irréductibles journées à la chaleur accablante continuent de résister à l'autorité et frappent parfois, pour nous rappeler que l'été n'était pas si loin, comme c'était le cas pendant la journée de dimanche. La situation semble néanmoins être de nouveau en main et le forcené a été maîtrisé, puisque ce matin, la météo annonce de la pluie pour aujourd'hui et demain, tout ce qu'il y a de mieux pour faire un début de semaine typique au bureau (similaire à la théorie que nous partageons avec Fred, que les rentrées de classe se font toujours sous la pluie).
Le bon côté
des choses: la lumière d'automne est bien plus agréable que celle d'été,
beaucoup plus dure en pleine journée. Celle d'automne, au contraire, semble
envelopper le paysage rigoureusement d'une onde dorée, qui fait le bonheur des
photographes avertis.
Voilà donc trois photos dans la galerie Tokyo 2005, prises en fin de journée hier, mais j'espère pouvoir en prendre bien davantage dans les semaines qui viennent.
Comme promis, Eiko et moi sommes allés voir Charlie et la Chocolaterie de Tim Burton, qui est resté fidèle à soi-même dans ce film décalé mais envoûtant. La vraie surprise ne vient pourtant pas du film en lui-même, mais plutôt de ce que j'ai appris en achetant les billets de cinéma.
Tout d'abord, je ne saurais que trop recommander d'aller aux Virgin Toho Cinemas, à Roppongi Hills: les salles y sont modernes et spacieuses, mais l'avantage sur tous les autres cinémas est que l'on peut acheter les places via Internet en réservant sa place. Finies donc les queues sans fin pour se ruer dans la salle et espérer avoir une place convenable, ou même tout simplement avoir une place (certains cinémas vendent plus de billets qu'il n'y a de places assises, les personnes se retrouvent donc debout pendant toute la durée du film...). Une fois la réservation faite, les billets ayant été payés au préalable par carte de crédit sur l'Internet, on se présente aux guichets électroniques, on tapotte son code et paf, voilà les billets tant convoités. Si en plus, on a la chance d'avoir un téléphone Docomo qui supporte le Felica (le portefeuille électronique intégré au téléphone), il suffit juste de présenter son téléphone portable devant la machine pour voir les billets arriver instantanément.
Enfin, la vraie bonne nouvelle, c'est que tous les 1ers jours du mois, le Virgin Toho Cinéma propose les places à 1,000円, au lieu des aberrants 1,800円 habituels. Je ne sais pas si c'est général à tous les cinémas, mais c'est plutôt une bonne nouvelle pour aller au cinéma pour pas trop cher, surtout si l'on s'y prend suffisamment à l'avance pour avoir des places sympathiques :).
J'aime les arbres
et c'est vraiment la seule raison de la présence de cette photo!
J'aime aussi le noir et blanc: il aide à renforcer la composition quand la couleur n'a aucun intérêt dans la photo, voire pire, quand elle est distrayante.
C'est en relisant un livre de Ansel Adams, Examples : The Making of 40 Photographs, que je me suis souvenu combien le noir et blanc peut être marquant, bien plus que la photo couleur, dans certains cas, en espérant que mes photos auront un jour un semblant de finesse, telle que celles que l'on peut admirer dans les œuvres d'Ansel Adams.
Ça y est, le
typhoon nº17 qui a frôlé le Japon est déjà passé, laissant place à un ciel
se découvrant pour faire place à une belle fin de journée de dimanche.
Au nom moins séduisant que les ouragans comme Katrina ou la redoutée Rita, T17 a aussi été beaucoup moins impressionnant, mais il a tout de même pourri un beau weekend de trois jours. Les bords du typhon, au nom presque sorti d'un film de science fiction, auront apporté à Tokyo une pluie fine et une humidité pénible, 蒸し暑い, comme on dit ici...
En parlant de film, cela aura quand même été l'occasion d'aller au cinéma avec Eiko pour aller voir ルパン, l'adaption des aventures d'Arsène Lupin, qui m'a agréablement surpris. La fin du film laisse deviner une suite que j'irai voir avec plaisir. En attendant, les prochains films à voir sont Charlie et la chocolaterie, ne serait-ce que pour l'atmosphère à la Tim Burton, et éventuellement Sin City, qui a l'air d'être une adapatation plutôt originale de la BD que j'avais adorée, le film étant co-réalisé par Frank Miller lui-même, l'auteur de la BD.
Notez au passage ce site malin qui donne les lieux et horaires où les films se jouent au Japon.
Hier était le meilleur jour de l'année pour admirer une lune
bien ronde et manger des dango
(団子), petites boules faites de pâte de riz, dont les rondeurs suggèrent
celles d'une pleine lune.
À défaut de n'avoir fait ni l'un ni l'autre, voici tout de même une photo montage, prise depuis Takeshita Dori (竹下通り), sur laquelle j'ai ajouté une photo de lune prise le même soir, mais avec un objectif d'appareil photo différent.
Quelques photos
prises hier soir, pour un obon matsuri, quelque peu tardif. Il semble que les
gens de ce quartier n'hésitent pas à organiser un obon matsuri en plein milieu du
mois de septembre pour aller danser ensemble, et après tout, pourquoi se
priveraient-ils?
C'est toujours plaisant de voir que l'esprit de village existe encore et que tout le monde se retrouve pour aller danser, même les jeunes, qui un jour auront à propager la tradition un jour eux aussi.
Une journée aussi
ensoleillée que ce dimanche dernier nous a invité à nous promener dans Kamakura,
à suivre un petit chemin dans la forêt que Seb nous avait indiqué quelques semaines
auparavant.
Cela faisait plusieurs années que je n'étais pas retourné dans la région de Kamakura (hormis pour le mariage de Fred), et c'est avec plaisir que j'ai redécouvert des décors de nature japonaise qu'Eiko et moi adorons tant.
Le chemin
commence à la station de Kita Kamakura, après une petite heure de train depuis
Shimbashi, pour se terminer par la visite du grand Bouddha, le fameux Daibutsu,
attraction clé pour des centaines de touristes chaque jour. Cette dernière
attraction vaudra d'ailleurs au petit parcours son nom (le Daibutsu Hiking
Course).
La balade est agrémentée de quelques temples, ou de sanctuaires comme le Zeniarai Benzaiten (銭洗弁財天), un endroit où l'on peut laver ses pièces de monnaie ou ses billets, et les faire sécher auprès des pots remplis d'encens prévus à cet effet. On dit que l'argent ainsi lavé double...
La
brève balade s'achève par une petite visite au Daibutsu,
mais le nombre de touristes venus admirer la statue de plusieurs mètres de haut
écourte rapidement la visite. À la place, Eiko et moi nous sommes plutôt
attardés sur un hôte du temple, un petit écureuil
espiègle et timide qui s'est vite faufilé à travers les branches d'arbres au
loin des yeux indiscrets de ceux qui sont venus le déranger.
Au risque d'être
terriblement cliché, il faut bien tout de même bien avouer que le Japon est le
pays du manga, la bande dessinée japonaise qui marche si bien auprès des jeunes
en France, et que les adultes continuent de lire au Japon.
Je me souviens que cela m'avait plutôt amusé, les premières fois, de voir un salaryman sortir du bureau et commencer à lire son manga tranquillement dans le métro. Quand on a de la chance, ce sont des histoires plutôt normales, mais on tombe parfois sur des horreurs érotiques, qui contrastent avec l'allure apparemment sérieuse de ceux qui les lisent, sans aucune gêne, comme s'ils lisaient le journal.
Pour en revenir au manga, il s'est bien adapté à cette société (à moins que ce ne soit l'inverse), à tel point qu'on le voit partout, à la TV dans la publicité, dans les modes d'emploi d'appareils électroniques, ou sur les murs du métro, comme ici, avec cet avertissement, disant qu'il faut s'assurer que l'on n'appelle une ambulance qu'en cas de réelle urgence (on voit à la tête contrariée de l'ambulance qu'il semble y avoir des abus et qu'elle n'a pas que ça à faire, l'ambulance).
Peut-être le message passe-t-il mieux sous cette forme? Un moyen subversif de pénétrer les esprits sous la forme gentille d'un dessin? Ce n'est pas bien important (hélas) pour un malheureux gaijin comme moi qui n'arrive pas encore à lire les kanjis couramment... C'est Eiko qui m'a indiqué le vrai sens de cette affiche, alors que j'avais mal interprété le message, mais comme un enfant, j'avais été attiré par les dessins :)...